Les Secrets de
Fa brication
Rémi Henry répond à vos
questions...
Quel parcours Rémi
Henry ?
Je suis
originaire de Normandie, du Perche dans l'Orne (61) où j'ai
d'abord appris la Boulangerie et la Pâtisserie.
A 18 ans, je suis monté à Paris pour élargir mes
connaissances. J'ai intégré la
Maison Carette, place
Trocadero,
où j'ai pu être formé également aux métiers de Confiseur et
de Glacier pendant 3 ans.
Après, je suis entré dans les
Etablissements Lenôtre où j'ai
exercé le métier de Glacier pendant 2 ans.
Je suis parti à Londres pendant une saison travailler en
tant que Pâtissier pour la fameuse
Brasserie Roux.
De retour à Paris, j'ai réintégré la
Maison Carette en
Pâtisserie-Traiteur pendant 2 ans, tout en suivant des
cours d'anglais.
J'ai réussi à obtenir la Carte Verte pour exercer aux
Etats-Unis, j'y suis parti pour une saison, puis suis
rentré à Paris.
Ensuite j'ai approfondi le métier de Chocolatier à la
prestigieuse
Maison du Chocolat, rue du
Faubourg St Honoré, avec Mr Linxe pendant 2 ans.
Par la suite, je suis rentré au
Fouquet's sur les
Champs Elysées en tant que Chef Pâtissier, où j'ai exercé
cette fois pendant 10 ans.
En 1993, j'ai créé ma propre structure :
L'Atelier du Confiseur afin de
proposer l'artisanat que j'affectionne :
un artisanat de qualité, sain, avec les meilleurs produits
au meilleur prix.
En 2005, pour aller plus loin je me suis associé avec
Jean-François Guérinière.
J'espère maintenant créer de nouveaux points de vente
"Atelier du Confiseur" en Région Parisienne.
Pourquoi l'Atelier du
Confiseur ?
J'ai
toujours voulu proposer un
Savoir-Faire avec les
meilleurs produits,
fabriqué sur place donc
frais, au
meilleur prix.
On le sait, utiliser des produits de qualité a un coût. Ce
que font certaines Grandes Maisons Parisiennes dans leurs
boutiques fastueuses.
Mon idée était de
rassembler : unité de production et point de
vente, pour
réduire au maximum le prix de mes produits.
Je pensais, en créant l'Atelier du Confiseur,
d'abord
confire de manière artisanale mes
agrumes biologiques, et les proposer
à quelques Grandes Pâtisseries Parisiennes.
Puis, j'ai mis au point
mes recettes de chocolats au
détail, en cherchant toujours les meilleurs ingrédients de
base, et j'ai ouvert
ma fabrication au public.
J'ai trouvé ensuite ce procédé de
Cristallisation des Feuilles de Menthe et Pétales de
Rose, dont
j'ai déposé le Brevet, des recettes subtiles et raffinées.
Et j'ai continué sans cesse d'élargir
la gamme de mes produits, en
proposant des Pâtes de Fruits, un Nougât, des Caramels
Tendres, des Marrons Glacés...
Pourquoi confire ses
agrumes aujourd'hui ?


En
effet, confire ses agrumes représente beaucoup de travail
:
7 à 10 jours et
de
nombreuses manipulations.
Mais je préfère prendre ce temps, aller chercher mes
agrumes biologiques à Rungis
pour arriver au résultat
le plus fruité possible, et
obtenir
des agrumes
tendres et
moins sucrés, que ceux
qui se trouvent dans le commerce.
C'est toujours le même problème, il s'agit de fabriquer
soi-même pour être sûr de la
qualité, et de
le proposer au
meilleur prix.
Pourquoi cristalliser
Feuilles de Menthe et Pétales de Rose ?
J'aime
le bon
goût nature des
aliments. Avec la
rose, j'ai
toujours senti qu'il y avait une excellente confiserie à
faire.
Ce que j'ai essayé en cherchant du côté de la
cristallisation. J'ai
mis du temps avant de trouver une recette satisfaisante,
mais j'y suis parvenu. Ce processus n'altère en rien le
goût, il le réhausse même,
sans trop sucrer, et
permet par ailleurs une longue conservation.
Le souci avec les confiseries d'une manière générale, c'est
leur teneur en sucre. Nos recettes traditionnelles sont
trop riches. Autrefois
on fabriquait pour conserver le plus longtemps possible,
dans des conditions que l'on n'ose plus imaginer.
Maintenant que les foyers sont tempérés et disposent de
réfrigérateur, on n'a plus besoin d'ajouter tant de sucre.
Il nous faut rectifier nos recettes et en trouver de
nouvelles,
plus légères, qui
peuvent être
dégustées toute l'année,
plus seulement pendant les Fêtes de Fin d'Année.
Après, l'idée de la
feuille de menthe a suivi,
proposant une petite variation au goût délicat de la rose.
L'avantage étant que l'on peut cristalliser ces feuilles
toute l'année.
Pour les roses, je dois attendre absolument la floraison de
mes rosiers, pour être certain qu'elles soient
non traitées.
Pourquoi travailler
avec des Chocolats de Couverture "Pures Plantations"
?
Quand
j'ai goûté pour la première fois les
Chocolats Pures Plantations d'Olivier
de Loisy, je les
ai trouvé incomparables,
bien
plus corsés et
plus longs en bouche.
Cette idée de sélectionner les origines, de faire ressortir
leurs arômes propres, est excellente, et apporte une
nouvelle dimension
au métier de chocolatier. Autrefois, les industriels
mélangeaient (et mélangent toujours d'ailleurs) les fèves
de toutes provenances,
c'est nier le
travail des planteurs, et
les
saveurs originelles de
chaque région de cacao.
D'autre part, Olivier de Loisy avec
La Chocolaterie de L'Opéra insiste
et souligne
la teneur en beurre de cacao,
sans recours à quelque huile végétale extérieure. C'est
fondamental, et c'est là toute la différence entre notre
chocolat à l'Atelier,
et la grande distribution. Le beurre de cacao est
l'ingrédient noble du chocolat, évidemment le plus cher,
c'est pourquoi les industriels
cherchent à le remplacer, mais c'est aussi l'ingrédient qui
donne
le fondant et
réhausse
tous les arômes d'un
grand chocolat.
Les Chocolats de Haute Gamme par exemple, sont les plus
riches en beurre de cacao. Avec ces chocolats, je peux
fabriquer des bonbons corsés,
doser les saveurs et réaliser tous mes moulages, ce qui
serait impossible sans beurre de cacao (le chocolat ne se
rétractant pas assez à l'intérieur du moule).
Enfin, aujourd'hui je suis directement en contact avec
un
planteur d'Equateur,
Fernando Crespo, qui fabrique lui-même sur place son
chocolat.
C'est assez nouveau, car fabriquer du chocolat nécessite
des machines performantes et coûteuses, ce que ne peuvent
se permettre le lus souvent
les planteurs. Et je dois dire que son
chocolat est unique,
fruité,
au
bon goût de fève.
J'espère continuer de travailler avec ces arômes
exceptionnels.
Pourquoi n'utiliser ni
colorants ni conservateurs dans ses fabrications
?
Je tiens
absolument à rester dans une
gamme garantie naturelle. Et
c'est de plus en plus rare, bien que le nombre de
chocolatiers
augmente tous les jours, il faut bien souligner que nous
sommes extrêmement
peu à réaliser nos fabrications sans colorants ni
conservateurs.
C'est pour moi la seule
preuve de qualité, et la
certitude de proposer des
produits totalement sains.
Encore une différence évidente entre artisanat et
industrie.
Comment bien conserver
et déguster ses chocolats ?
Il faut
conserver ses chocolats
entre 17 et 20° C, dans
la pièce
la plus fraîche et sèche de la maison,
sachant que les 2 grands ennemis
du chocolat sont l'humidité et l'excès de chaleur. En tout
dernier recours au réfrigérateur, quand l'été, on ne trouve
plus de pièce à moins de 20°.
Mais nos réfrigérateurs apportent une humidité et une
texture granuleuse, qui sont à proscrire pour la
dégustation.
Pour bien insister sur ces exigences de
température et d'hygrométrie dans la
conservation du chocolat, sachez qu'une tablette
dans de mauvaises conditions peut s'altérer au bout de 30
jours, alors qu'au frais et dans une atmosphère sèche, elle
pourra être consommée dans l'année !
Il faut aussi que
le chocolat respire. Ne
jamais les entreposer dans un conditionnement hermétique.
Nos ballotins et nos sachets disposent
d'ouvertures, qui permettent au chocolat de se respirer.
Pour la dégustation, nous vous recommandons de laisser les
bonbons
prendre la température de la pièce où ils
seront dégustés,
et bien sûr de les y replacer ensuite si besoin est.
Notez que la
dégustation à jeun est
préférable, les papilles étant plus réceptives que lorsque
l'on est rassasié.
Enfin, conseiller un vin est difficile, la sélection se
fait aussi selon les goûts. Il y a les amateurs de
Champagne, de Whisky...
Néanmoins, il est vrai qu'un
vin doux naturel apporte
un agréable contrepoint à l'amertume
du Noir. Il y a
bien sûr le Maury,
mais il y en a d'autres, le Loupiac par exemple est
intéressant.
Pourquoi des Ganaches à
l'Eau Minérale ?

Je
travaille depuis le début à
alléger les recettes traditionnelles de
ganaches. Autrefois
riches en crème fraîche à la
mode belge, les artisans
français se sont tournés davantage vers le
chocolat noir et son
caractère. Un mélange avec de la crème, suppose toujours
une
dilution des
arômes du
chocolat. C'est pourquoi, avec le souci encore de proposer
des produits
plus sains, j'ai
mis au point une recette de
ganache à l'eau minérale,
avec un peu d'huile de colza. Il
faut de toute façon un apport en matières grasses pour
qu'une ganache se tienne, l'huile de colza au goût neutre
s'avère idéale. Ensuite l'eau minérale, ne masque en aucun
cas les arômes d'un excellent chocolat.
Avec l'eau minérale, on peut réellement obtenir
une ganache corsée et amère.
Aussi avec ce type de recette, on peut parler enfin
de
chocolats d'été.
Pourquoi utiliser une
Crème Fraîche Crue du Jour ?

La
ganache à la crème fraîche est un
grand classique, et
permet d'obtenir des saveurs
douces et onctueuses.
Le seul souci, lorsque l'on n'utilise aucun conservateur,
c'est le délai de conservation. Dans une ganache, c'est la
crème et
l'humidité qu'elle apporte au chocolat, qui s'altère.
Ce que j'ai pu apprendre en discutant avec un Artisan
Chocolatier à la retraite, est qu'utiliser une
crème fraîche crue allonge
radicalement
la
durée de conservation, ce qui
m'a été confirmé par l'éleveur normand de la GAEC de
l'Etoile à Courgeon (61), qui me fournit la crème
avec laquelle je fabrique désormais toutes mes ganaches
classiques.
Et même, en la travaillant
le jour de sa production, je
bénéficie au maximum de sa teneur en
anticorps naturels, qui la
protègent des germes
qui apparaissent avec le temps. Par ailleurs, j'ai remarqué
que la crème fraîche crue du jour est de
goût neutre, c'est
avec les jours
qu'elle prend cette saveur aigre.
Avec cette crème, je pense avoir trouvé le meilleur
ingrédient de base pour réaliser mes ganaches, des
ganaches
saines et
riches en protéines.
Pourquoi fabriquer un
Praliné ?

Il faut
savoir que ce sont les fournisseurs de chocolats de
couverture qui nous proposent toute
une gamme de pralinés de qualité.
Du praliné classique qui mélange
amandes et noisettes, en
passant par quelques pralinés parfumés, on arrive à des
pralinés au
grain plus ou moins fin, avec
soit une
dominante de noisettes ou soit
une
dominante d'amandes. Avec
ces pralinés il y a déjà beaucoup à faire.
Fabriquer son praliné en revanche, permet de doser à
souhait le
goût du caramel avec
les
amandes et noisettes grillées.
On peut travailler avec des
grains croquants, au
goût plus authentique.
Enfin on peut lui ajouter une touche supplémentaire, c'est
le cas de notre Praliné Coriandre, réalisé à partir
de
coriandre en grains, moulus
avec les amandes et noisettes caramélisées.
Pour finir c'est bien l'assurance de proposer un produit
d'une
plus grande fraîcheur.
Pourquoi fabriquer ses
Pâtes de Fruits ?

Encore
et toujours pour avoir en magasin un produit
le plus frais possible,
100% pur fruit,
sans arômes ni conservateurs.
Le problème des pâtes de fruits en général, comme je
l'avais évoqué pour les confiseries traditionnelles, c'est
la part trop importante
en sucres dans les recettes. J'ai essayé de la réduire au
maximum,
privilégiant le fruit, sans
en faire un produit fragile.
Elles
se conserve plusieus mois sans
aucun problème, dans une pièce fraîche, sèche et ventilée
de la maison, de la même
façon que le chocolat.
Enfin pour être capable d'ajuster au mieux l'offre à la
demande, je préfère fabriquer à l'Atelier, et proposer
le
meilleur rapport qualité-prix.
Pourquoi fabriquer son
Nougât ?

Trop
souvent je trouve que les
fruits secs et confits font
défaut dans le nougât, c'est pourquoi j'ai décidé de mettre
au point
ma propre recette, et de fabriquer mon nougât à l'Atelier.
Par ailleurs
le miel est fondamental, et il
est courant qu'il s'efface dans les nougâts du commerce.
J'ai fait connaissance avec un apiculteur passionné, qui a
ses
ruches en Ile de France. On
pense tout de suite à la pollution
des zones urbaines, mais pour ce qui est des abeilles en
Région Parisienne, elles butinent des fleurs moins traitées
que dans
les zones rurales, où les agricuteurs ont recours aux
pesticides.
Et j'aime le nougât quand il est
frais et tendre. C'est
de cette façon que je souhaite le proposer à mes clients.
Après
pour Pâques, je
peux aussi réaliser d'excellents
oeufs en nougât frais, ce qui
a presque disparu des boutiques artisanales,
le nougât étant
délicat à réaliser : des
températures très strictes à respecter, un temps sec à
prévoir pour que le nougât
perde son humidité pendant une bonne semaine.
Pour la conservation, comme pour les pâtes de fruits, on
peut garder le nougât à la maison,
au sec plusieurs mois.
L'Histoire du Chocolat
en quelques dates ?
Vers
2000 avant Jésus Christ, ont
été datées les
premières traces de cacao retrouvées
en
Amérique Centrale, à
l'intérieur de
céramiques, vraisemblablement utilisées par les ancètres
des Mayas.
Entre
500 et 800 après J.C,
siècles d'or de l'Empire
Maya, qui
s'étend alors sur les actuels Sud-Mexique, Guatemala,
Belize, Honduras, Salvador, le cacao est consommé sous
forme de
boisson aux épices lors de
cérémonies religieuses.
Certaines fèves servent également de monnaie d'échange.
Cette culture du cacao se perpétua chez les peuples
Toltèques, puis Aztèques,
dominant l'Amérique Centrale à l'arrivée des Espagnols.
En
1502,
l'équipage de
Christophe Colomb se voit
offrir des
fèves de cacao,
"curieuses amandes" sacrées pour les peuples Amérindiens.
En
1528, le
Conquistador
Hernan Cortés fait
parvenir à son souverain Charles Quint en Espagne, les
premières féves de
cacao en Europe. S'en suit toute une controverse initiée
par l'Eglise, à savoir si la boisson cacao rompt ou non le
jeûne.
C'est
à partir de 1580,
qu'arrivent régulièrement
en Europe des cargaisons de fèves.
La
boisson se
répand alors sur tout le
continent, hautement appréciée par les familles royales.
Vers
1650,
on
solidifie pour la première fois le cacao
en Europe, en
Angleterre précisément.
Mais il reste toujours
destiné à la préparation de
boissons douces et lactées,
compensant l'amertume originelle des fèves.
S'ouvrent
à Londres à
l'époque, les
premières chocolateries qui
permettent aux plus aisés de goûter la fameuse boisson.
Mais à cette époque, le chocolat reste une denrée chère.
Précisons que l'on commence à parler de
chocolat, dès lors
que l'on ajoute du sucre à la pâte de cacao.
Durant le
XVIIIème siècle, le
chocolat continue de se répandre dans toute l'Europe,
encensé par les Cours Royales, tandis que
parallèlement on
améliore sa fabrication, avec de
nouvelles machines, qui permettent de le diffuser plus
largement.
En
1778,
Doret met au
point une
machine hydraulique, qui
permet de
broyer plus finement la pâte
de cacao, encore granuleuse
jusqu'alors, et d'y ajouter du sucre fin.
Au
XIXème,
l'industrialisation
parachève
les efforts des ingénieurs du siècle précédent,
réalisant les premières tablettes,
et
une
production à plus grande échelle.
Sont alors créées les
grandes chocolateries : Van
Houten aux Pays Bas, Cadbury en Angleterre, Caffarel en
Italie (qui est également
à l'origine d'un praliné à base de noisettes, le Gianduja),
Neuhaus en Belgique qui deviendra Côte d'Or, en Suisse :
Suchard, Lindt,
puis Peter (créateur du chocolat au lait, qui s'associera
avec Henri Nestlé pour fonder la firme du même nom), en
France :
Menier à Noisiel, Poulain à Blois, Barry à Meulan...etc
C'est à la fin du même siècle que pour répondre à une
demande croissante en chocolat,
sont exportées des plants de cacaoyers
en
Afrique,
en
Asie et
en
Océanie.
Au
début du XXème, aux
Etats-Unis
Frank Mars crée la
barre chocolatée qui deviendra fameuse.
Enfin c'est à partir des
années 1970, que se
développe en France cet
artisanat qui célèbre le Chocolat Noir,
aujourd'hui
mondialement connu.
Au
cours des années 90,
quelques pays européens réclament le droit d'ajouter au
beurre de cacao
5% de graisses végétales.
Les artisans français s'y opposent.
En
1993, ouvre
l'Atelier
du Confiseur.
En
1995,
Olivier de Loisy crée le Label
"Pures Plantations".
Aujourd'hui encore dans nos cultures, on peut dire que
le
chocolat est associé aux grandes fêtes
religieuses.
C'est un
aliment reconstituant, riche
en
potassium,
magnésium et
phosphore.
Comment de la Fève de
Cacao obtient-on le Chocolat ?
Le
Cacaoyer est un
arbre de petite taille (5 à 7 mètres), qui pousse en
Climat Equatorial, chaud
et humide.
C'est un arbre curieux, qui croît
à l'ombre des plus
grands, dont les fleurs et les fruits poussent
sur le tronc.
Les fleurs doivent être
pollinisées par de
petites mouches avant de devenir fruit (seulement 1% de ces
fleurs deviennent cabosses).
Ensuite, la cabosse met
5 à 7 mois pour mûrir. Ellle
prend une forme proche du
ballon de rugby, dont
la couleur change
selon les variétés : verte, jaune, orange, mauve... A
maturité, elle peut peser jusqu'à 1 kg, et renferme
entre
20 et 50 fèves.
A l'intérieur de la cabosse, les fèves sont entourées
d'une
pulpe blanche au goût
fruité.
On compte
3 grandes variétés de
cacaoyer :
Les Criollos, qui
donnent un cacao très aromatique, mais dont la culture est
extrêmement fragile et représentent 10%
de la récolte mondiale.
Les
Forasteros, plus
robustes, aux arômes très rustiques, ils comptent 70% de la
production mondiale.
Les
Trinitarios,
hybrides (croisement de Criollo et Forastero), plus
subtiles en goût, tendent à se développer et à atteindre
20%
de la production dans le monde.
Les cabosses sont récoltées
2 fois par an. Elles
sont coupées
dans les 4 jours qui
suivent la cueillette, pour en extraire les fèves fraîches.
Ces fèves sont rassemblées en tas ou dans des bacs,
pour
fermenter entre 5 et 10 jours, et
sont régulièrement brassées pour obtenir une
fermentation homogène. C'est à ce moment que les fèves
prennent leur
couleur marron ou "robe
de moine".
Par la suite, elles sont
séchées 1 à 2 semaines, au
soleil ou sous des lampes. Il s'agit là de réduire leur
taux d'humidité, facteur de moisissure.
Après elles sont
expédiées vers l'Europe, pour
être
vendues en Bourse à
Londres, New York, Paris, sur le
Marché des Matières Premières.
C'est la 3ème Matière Première Alimentaire la plus échangée
dans le monde, après le sucre et le café.
En Europe maintenant, les fèves sont
torréfiées autour de 140°C pour
développer l'arôme, réduire toujours leur humidité, et
préparer
l'extraction de la peau. Ensuite, les fèves sont triées
pour ne garder que les meilleures.
Elles sont
broyées dans des moulins à cylindres,
chauffées à 70°C afin d'obtenir une Pure Pâte de Cacao, qui
comporte toujours
environ 50% de beurre de cacao.
Les
Couverturiers dosent
alors cette pâte, leur teneur en beurre de cacao, le sucre,
et ajoutent éventuellement la lécithine de soja
pour lier le tout (encore du lait en poudre s'il s'agit de
chocolat au lait).
Ce mélange est réduit à une
granulométrie inférieure à 40 microns, qui
lui procure son onctuosité.
Après le chocolat est
brassé de 1 à 3 jours dans
des
conches chauffées à 90°, pour
parfaire l'homogénisation, éliminer toute trace d'humidité
et affiner l'arôme.
Il faut enfin refroidir ce chocolat, et le
ramener à 30-31° pour le
noir, 29-30° pour le lait, 28-29° pour le blanc (fabriqué
uniquement à partir de beurre
de cacao, sucre et poudre de lait), afin de lier les
molécules et obtenir le brillant.
Le chocolat
se conserve finalement entre 17 et 20° dans un
endroit
frais, sec et ventilé.
Une recette de Chocolat
Chaud ?
1628, Chiapas (Sud Mexique), L'évêque et le chocolat :
"Il n'y
verse pas du poivre noir, comme le font les gens atteints
d'un refroidissement du foie. Ni du maïs, qui vous ballonne
l'estomac.
Il l'arrose copieusement de cannelle, qui vide la vessie,
améliore la vue et fortifie le coeur. Il ne lésine pas non
plus sur le piment bien écrasé.
Il y ajoute de l'eau de fleur d'oranger, du sucre blanc et
du rocou pour le teinter ; sans oublier une pincée d'anis,
deux de vanille,
et la poudre de roses d'Alexandrie.
Le père Thomas Gage adore le chocolat mousseux bien
préparé. Si on ne les trempe pas dans le chocolat, petits
gâteaux et
massepains n'ont pas de goût...."
Mémoire
du Feu -
Eduardo Galeano - Librairie Plon -
ⓒ 1985.